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Article du mercredi 26 mai 2021 – AGEFI de Sophie Marenne. 

Au moins de juin, de nouveaux vélos triporteurs bleu azur circuleront dans les rues de Genève.Leur particularité: être alimentés par des cartouches à hydrogène. «Ils seront rejoints par quelques scooters à la rentrée. Avant le début de l’an prochain, 100 à 200 engins seront opérationnels», assure Stéphane Aver, président de Stor-H.

La start- up veut faire de ses recharges, à peine plus grandes que des canettes, un standard mondial de la propulsion à hydrogène. Pour monter cette flotte pilote mais aussi d’autres au Maroc et en Chine, l’entreprise genevoise lance un tour de table, ce mercredi. En ligne de mire: près de 11 millions de francs en série B, auprès d’investisseurs que la jeune société souhaite principalement suisses. Une levée de fonds supplémentaire suivra l’an prochain, visant 24 millions de plus. Ces investissements porteraient les fonds de la start-up à plus de 50 millions. En effet, Stor-H a déjà récolté 17 millions de francs à sa création, en 2017, et 11 millions de plus en série A, en 2020. Sur ces montants, la majeure partie provient de sa maison mère: la société spécialisée en mobilité décarbonnée Aaqius, connue pour la conception de l’additif Adblue qui réduit les émissions des moteurs diesel. Le reste est issu de la banque Raiffeisen et d’un family-office suisse qui préfère rester anonyme.

Ne pas rater le coche
«Notre feuille de route prévoyait une plus grande série B, plus tard. Mais l’émergence de la filière hydrogène s’est considérablement accélérée l’an dernier, avec des investissements massifs d’Etats et de grandes compagnies. Nous ajustons donc notre stratégie pour lever un peu moins, un peu plus tôt», explique Stéphane Aver, qui est également président d’Aaqius.

Ce spécialise de la mobilité verte est convaincu de l’imminence de la révolution hydrogène, qui devancera les batteries au lithium : «Toyota, Hyundai, Honda ou encore Renault ont déjà sauté le pas de la commercialisation.

Et Stor-H aussi. Nous sommes néanmoins actifs sur un segment différent, celui des véhicules inférieurs à une tonne», dit-il. Outre les scooters fabriqués par Mob-ion et les triporteurs de Cycleurope, la start- up a conclu des partenariats pour des voitures légères avec le constructeur français Nos- moke et le russe Gazelle.

Le modèle d’affaires de Stor-H reposera sur un abonnement à un catalogue de mobilité, pour 100 à 400 francs mensuels en fonction des options. Ainsi, le client ne sera ni propriétaire du véhicule, ni des cartouches. Et vu que l’hydrogène n’est pas sous pression, la société n’a pas besoin d’un réseau de pompes: elle proposera ses recharges dans de simples distributeurs automatiques.

Écosystème helvétique
La fabrication des cartouches se fera sur le territoire suisse, en tout cas pour celles commercialisées en Europe.Les premières séries de canettes sont actuellement usinées chez le spécialiste de l’aéronautique Jean Gallay, à Plan-les-Ouates. Les piles à combustible – qui créent l’énergie grâce à une réaction chimique – sont quant à elles sous la responsabilité d’EH Group. «Notre coopération avec Stor-H met en évidence le potentiel de la technologie dans la mobilité légère», souligne Christopher Brandon, directeur de cette start-up qui vient d’emménager dans un vaste laboratoire à Nyon. Leur coût de fabrication se situera entre 50 et 80 francs l’unité, mais diminuera avec l’augmentation de la productions, «puisque nous espérons largement excéder le million de cartouches», décrit le président de Stor-H.

Hitachi ABB Power Grids représente un autre partenaire important. La coentreprise helvético-japonaise de ré- seaux électriques accueillera le siège de Stor-H dans ses locaux de Sécheron, en juin. «Nous espérons les retrouver dans les prochaines levées de fonds», confie Stéphane Aver. De plus, ses collaborateurs seront les premiers utilisateurs du système, lors de la phase de test genevoise.

Stor-H prévoit de doubler son effectif de 22 collaborateurs d’ici 2022 et d’équiper 250.000 véhicules de sa technologie, d’ici 2025. Ces engins seront déployés en Europe, mais aussi au Maroc et en Chine où la start-up a fondé des filiales. Stéphane Aver indique : «Les véhicules arriveront à Benguérir peu après ceux de Genève. Ensuite viendront Tanger et Marrakech. En Chine, un accord prévoit que Stor-H devienne un standard national. Si environ 80 véhicules y ont déjà été testés, de premiers engins opérationnels y seront livrés avant la fin de l’année.»